L'entraînement naturel

Constat

L'activité est une loi de la nature

Dans la nature, tout être vivant atteint son développement physique complet par la simple utilisation de ses moyens de locomotion, de défense et de travail. Si bien que l’homme n’a pas eu besoin « d’éducation physique » tant qu’il a dû subvenir à ses besoins et assurer sa sécurité par sa propre activité.

Il réalisait son développement physique intégral en vivant au grand air et en pratiquant uniquement les activités physiques naturelles et utilitaires pour lesquelles son corps est spécialement adapté.

L'éducation raisonnée et méthodique

Aujourd’hui, Il est impossible, avec le mode de vie moderne, d’atteindre le perfectionnement physique, en se fiant à son seul instinct pour pratiquer les activités naturelles. Nos conditions de vie nous épargnent pour partie les efforts à fournir pour répondre à nos besoins et nous adapter aux contraintes de la nature. Pour autant notre organisme est resté physiologiquement le même. Ses capacités de développement sont inchangées.
Aussi chacun doit-il compenser ces carences pour parvenir à son développement physique complet. Et il lui faut alors, volontairement :

  • Consacrer à l’action physique un temps suffisant
  • Utiliser les gestes qui sont naturels à son espèce, c’est à dire marcher, courir, sauter, grimper, etc… au grand air
  • Produire, sans nuire à son organisme, une dose d’activités proche de celle que représente une journée entière de vie au grand air, à l’état naturel

Hébertisme

La Méthode naturelle est tout simplement l’adaptation aux conditions de notre mode de vie actuel des moyens employés par les êtres vivants à l’état naturel pour acquérir leur développement physique intégral.

L’hébertisme est la mise en application de la « Méthode naturelle » d’éducation physique. Elle repose sur le retour raisonné à une activité physique dans les conditions les plus naturelles possibles. Elle a été créée au cours du XXème siècle par Georges Hébert.

Dès 1913, la renommée a très rapidement appelé la « Méthode Naturelle », « Méthode Hébert » puis par un dérivé de son nom, « Hébertisme ».
C’est donc son action, son œuvre, qui ont pris au cours du temps le nom « d’hébertisme ». Selon les pays (France, Allemagne, Belgique , Brésil etc ) ou les institutions ( Pompiers, Scouts, Armée etc.) c’est l’un des deux termes qui est utilisé et connu.

Une éducation complète : les 3 cultures

1° Culture du corps

L’Hébertisme utilise l’ensemble des gestes propres à l’homme, c’est à dire marcher, courir, sauter, grimper, lancer, etc… tout en produisant une dose d’activités proche de celle que représenterait une journée entière de vie en pleine nature.

La multitude des exercices naturels et utilitaires proposés assurent le développement physique intégral, accroissent les résistances organiques, le souffle et l’endurance, développent l’ensemble de la musculature, la vitesse, l’adresse, l’équilibre, etc…

La pratique en extérieur permet de profiter des bienfaits de l’air, de l’eau et du soleil, ainsi que d’endurcir le corps au froid ou à la chaleur, renforçant ainsi l’immunité naturelle.

2° Culture de l’action

Pour développer l’énergie, le courage, la volonté, le sang froid et l’ensemble des autres qualités d’action, il faut se confronter à des difficultés réelles lors des séances d’entraînement. Le saut de véritables obstacles, des escalades plus ou moins difficiles, des passages en équilibre en hauteur, des luttes de toutes sortes…, toujours adaptés aux capacités individuelles, sont les meilleurs moyens de développer ces qualités d’actions.

Ces exercices présentent également une évidente utilité qui se révèle précieuse dans des situations de stress, ou bien périlleuses, vertigineuses voire dramatiques ( incendie, accident, catastrophe naturelle, etc.)

3° Culture éthique

La force physique acquise, elle même renforcée par les qualités d’action qui amplifie de manière considérable le champ des possibilités d’agir, peut malheureusement servir à des fins néfastes. Beaucoup de « brutes » possèdent une force qu’ils utilisent pour commettre leurs méfaits ou agressions.

Une éthique, basée sur la supériorité de la raison, doit présider à l’utilisation de la force acquise. La recherche de la bienfaisance, de l’entraide, du respect ou le dévouement sous toutes ses formes, en un mot de « l’altruisme » , doit conduire à parachever une parfaite éducation au sens noble et vrai du terme.

Le corps est un tout.

 De même qu’il n’y a pas lieu de chercher à le développer « par morceau », le physique et le mental sont également indissociables.

La force

La vraie force

Dans le domaine purement physique la force consiste à posséder un certain nombre de qualités : résistance organique, muscularité, vitesse, adresse, etc…, et à être apte dans les différentes familles d’exercices.

Dans le domaine de l’action, la force consiste à posséder l’énergie, la volonté, le courage, etc… De brillantes qualités physiques peuvent être réduites à néant si elles ne sont pas soutenues par ces dites qualités d’actions.

Dans le domaine éthique, il s’agit de développer une force morale en orientant les sentiments dans une voie utile et altruiste. La vraie force doit être considérée comme la résultante de ces trois forces particulières.

« Etre fort pour être utile »
Georges Hébert 

 

 

L'éducation physique par la Méthode naturelle

Définition de l’éducation physique

De ce qui précède, Georges Hébert donnait cette définition de l’éducation physique:

Action méthodique, progressive et continue, de l’enfance à l’âge adulte, ayant pour objet :

  • Assurer le développement intégral,
  • Accroître les résistances organiques,
  • Mettre en valeur les aptitudes dans tous les genres d’exercices naturels et utilitaires indispensables : marche, course, saut quadrupédie, grimper, équilibrisme, lancer, lever, défense, natation,
  • Développer l’énergie et toutes les autres qualités d’action,
  • Subordonner l’ensemble à une idée morale dominante : l’altruisme.

Un bel exemple d'entrainement d'un sujet particulièrement développé (A. Fain - Brésil)