L'entraînement naturel

But de l'éducation physique

Rappelons que le but primordial de l’éducation physique se caractérise par :

  • La recherche du développement de la résistance générale qui est le fondement de la santé,
  • L’acquisition d’aptitudes suffisantes dans tous les exercices d’utilité pratique dont l’ensemble forme les dix groupes ou familles d’exercices : Marche, course, saut, quadrupédie, grimper, équilibre, lever, lancer, défense et natation.

Vous avez dit "complet" ?

Pratiquer la Méthode naturelle ou l’hébertisme ne signifie pas pratiquer une, ou plusieurs, des 10 familles d’exercices: on se trouverait alors, dans ce cas, dans une pratique exclusive et non pas dans une recherche de développement global.

Cela ne signifie pas non plus pratiquer 5 ou 10 familles comme on pourrait le faire en athlétisme ou en discipline tel que le “pentathlon” ou “décathlon”. Là encore, la pratique serait néanmoins encore très incomplète, car très spécialisée dans chaque famille, comme nous le verrons sur cette page.

Vous avez dit "naturel" ?

Pratiquer la Méthode naturelle ou l’hébertisme ne signifie pas pratiquer des exercices analytiques, saccadés ou décomposés, morceau par morceau. Tous les mouvements dans la nature sont “entiers”, arrondis, souples.

L’harmonie est l’une des principales caractéristique du mouvement naturel.

Il suffit pour s’en convaincre de regarder les animaux évoluer dans leur milieu naturel.

 

Vous avez dit "utilitaire" ?

Pratiquer la Méthode naturelle ou l’hébertisme ne signifie pas effectuer des exercices ne présentant pas d’utilité pratique : par exemple, si un saut ne sert pas à franchir un obstacle, son intérêt n’est il pas limité ? Il n’a, en effet, aucune ”utilité” pratique et ne développera pas des qualités telles que le coup d’œil, le courage, la maîtrise de soi etc.

L’entrainement physique par la Méthode naturelle a pour but d’aboutir à l’épanouissement des facultés physiques. Et ce dans l’ensemble des domaines de la force.

Différence entre Sport - Activité physique - Entraînement complet

Pour bien saisir le distingo avec d’autres pratiques, il s’agit tout d’abord de s’entendre sur quelques définitions.

1° SPORT

Le but premier du “sport”, son ADN, est de vaincre : vaincre un temps, une distance, une hauteur, un adversaire, gagner un match, etc.

Son but n’est donc pas, avant toute chose, la recherche de la santé, de la beauté ou encore de la force au sens où nous avons pu le définir au chapitre “définition de la force”. Il n’a pas comme vocation première d’ être éducatif.

Il est souvent très spécialisé et cherche, dans sa spécialité, une qualification, une victoire ou bien l’établissement d’un record. Afin d’être le meilleur, le vainqueur, il est souvent nécessaire de restreindre au maximum son champ d’action afin d’atteindre un sommet dans un domaine très restreint.

Le moteur de l’activité est la compétition. Le champ est restreint.

L’activité n’est pas complète, est rarement naturelle, et est rarement utilitaire.

Exemple:

Prenons l’exemple d’un sportif en athlétisme, spécialiste du saut en hauteur et étudions les conditions d’exécution :

  • La piste d’élan est plane, sans aspérités, en matériau souple, sèche, etc.
  • Le pied d’appel est le droit – ou le gauche -(et jamais l’un puis l’autre) en fonction de la prédisposition du sportif.
  • Les chaussures sont spécialement adaptées.
  • Les conditions sont réunies pour atteindre un but : franchir une “ligne” placée le plus haut possible.
  • Le saut est en salle ou en extérieur où la météo doit alors être “clémente”.
  • La barre à franchir n’est pas fixe et tombera en cas de heurt.
  • La retombée est sans importance, puisque seule la hauteur franchie compte. La retombée, la chute, a lieu dans un matelas de mousse, sur le dos.
  • Une médaille, un classement en catégorie supérieure, une photo dans le journal, une gratification, etc viendront éventuellement encourager ou flatter l’ego de celui qui aura battu, dépassé tel ou tel objectifs ou adversaires.

Le sport se donne les moyens de réaliser le but qu’il se fixe.

2° ACTIVITE PHYSIQUE

Elle vise à procurer détente, plaisir, bien être, etc… En s’appuyant sur une dépense physique, elle fait bénéficier les pratiquants des bienfaits de cette dépense qui restent toutefois, de fait, limités au champ d’activités en question.

Si elle présente un réel intérêt et est à encourager, l’activité est souvent incomplète, pas toujours naturelle ni utilitaire.
Elle peut faire partie de l’entraînement si elle vient en complément d’un entraînement généralisé.

3° ENTRAINEMENT COMPLET par la Méthode naturelle

Il semble acquis de nos jours que l’alimentation doit être variée et équilibrée. Un slogan du style « 5 fruits et légumes par jour » semble faire sens.

 Il doit en être de même dans le domaine de « l’activité physique » pour laquelle la variété et la richesse est tout autant indispensable. Aucune spécialité sportive, dont le but n’est pas d’ailleurs le développement ou la santé, ne procure cette variété; Tout comme si l’on ne se nourrissait que d’un seul aliment.

Et pour illustrer la richesse qu’offre les exercices, nous reprenons l’exemple du saut et allons l’étudier sous 2 aspects:

  • La possible richesse d’exécution d’un simple saut en hauteur
  • L’extrême variété de la famille du saut

3.1° La richesse d’exécution

Pour reprendre l’exemple du sportif spécialisé en saut en hauteur, examinons les différences d’exécution possible entre la pratique sportive et la pratique hébertiste :

 

Pratique sportive

Pratique naturelle

  • La piste d’élan est plane, sans aspérités, en matériau souple, sèche, etc
  • Le terrain est tel qu’il se trouve, c’est à dire souvent inégal, en déclivité plus ou moins grande, dur ou mou, glissant, etc
  • Le pied d’appel sera le droit OU le gauche en fonction de la prédisposition du sportif, et ce toujours dans le but de la meilleure performance.
  • L’ appel se fera sur l’un puis sur l’autre pied afin de favoriser l’équilibre et l’harmonie du corps. il se fera également avec les 2 pieds joints, etc
  • Les chaussures sont spécialement adaptées. (pointes, accroche, rigidité, maintien…). Là encore, elle doivent participer à sur-performer le résultat.
  • Les chaussures doivent être aptes à toutes les situations et ne sont donc pas spécialisés; Idéalement les chaussures peuvent être « minimalistes » ( sans « drop », flexible, semelle fine…). Et lorsque cela est possible, les pieds sont nus.
  • Le saut a lieu en salle ou en extérieur, ou la météo doit alors être clémente. (force du vent réduite, pas de pluie…)
  • En extérieur. La météo, comme le terrain, est changeante et permets au corps de s’endurcir à toutes les conditions.
  • La barre à franchir n’est pas fixe et tombera en cas de heurt. Il ne s’agit pas de franchir un obstacle mais simplement d’élever le corps à la plus grande hauteur possible.
  • L’obstacle à franchir, est plus ou moins fixe ou rigide; il peut éventuellement être franchi avec appui des pieds, mains ou corps.
  • La chute, n’a aucune valeur dans la performance et a lieu sur un matelas de mousse, le sauteur retombant sur le dos. Il ne s’agit pas se sortir indemne d’un saut, mais d’avoir franchi la hauteur fixée.
  • La chute est aussi importante que le saut lui même, et se fait le plus souvent sur les pieds ( ou en roulades, etc) …car une mauvaise chute peut avoir des conséquences douloureuses, voire blessantes. 

3.2° La richesse d’exercices : leur extrême variété

Nous avons vu l’étendue de la possibilité d’éxécution d’un saut en hauteur et également comment transformer un exercice à but purement sportif en un exercice à but utilitaire.

Poursuivons afin de bien saisir maintenant l’étendue et la richesse technique de la Méthode naturelle. Et reprenons notre exemple:

Le sportif fait du “saut en hauteur”. C’est sa spécialité.

En hébertisme, la famille du saut, qui n’est elle même qu’une des 10 familles d’exercices, comprend, sans qu’il soit possible de toutes les citer ici, les grandes sous-familles suivantes :

Les sauts capitaux

  • en hauteur
  • en longueur
  • en profondeur
  • mixte (hauteur + longueur, longueur + profondeur, etc)

Les sauts secondaires

  • en contre haut
  • en appui
  • répulsés
  • etc

Les sursauts (bonds brusques)

  • sur place
  • en hauteur
  • en longueur
  • latéral
  • en arrière
  • en contre haut
  • etc

Les sauts d’adresse

  • sur place
  • en hauteur
  • en longueur
  • latéral
  • en arrière
  • en contre haut
  • etc

Les sauts avec engin (bâton,etc

les sauts précédents en s’aidant d’un baton, perche, 

 

Les sauts combinés

en combinants entre eux les autres catégories…

 

Sachant que la plupart  des sauts pouvant eux mêmes être :

  • figurés ( obstacle fictif ou souple dans un but d’apprentissage)
  • réels ( barrière, rochers, murs, flaques, arbustes…)
  • avec élan, sans élan,…
  • de face, de coté, en arrière,…
  • avec une charge, un objet, un sac
  • etc

il apparaît que la variété et la richesse semblent quasi illimitées…

Dans la page précédente, il était simplement présenté, de manière extrêmement succincte, les principaux effets et bienfaits de chaque famille d’exercices, mais il n’était pas fait le détail, comme amorcé ci-dessus pour le saut, de la variété des exercices de chaque famille.